Valparaiso, ville d’artistes coup de cœur pour nous!

Après notre arrêt nature à Puerto Varas, au Chili, nous avons pris la route via un bus de nuit pour arriver à Valparaiso au petit matin du 29 novembre 2018.

Retour à la grande ville pour nous après plus d’un mois en Patagonie où nous avons fait le plein de nature, ça fait tout drôle!

Bienvenue dans le tumulte des grandes villes!

À peine débarqués du bus, nous nous retrouvons dans la foule qui grouille aux alentours du terminal de bus, on se sent un peu étouffés, surtout avec les sacs sur le dos.

Nous sautons rapidement dans un des mini vans qui sert de bus local pour rejoindre notre auberge située proche de la Plaza Sotomayor.

Le bus est dégueu, tout collant, et les sièges beaucoup trop serrés pour que nous puissions nous déplacer dans le bus avec notre chargement. Pas grave, sous peine de passer pour des méchants touristes, on bousculera un peu tout le monde pour pouvoir descendre à l’arrêt voulu.

L’auberge que nous avons choisie après de longues recherches (les avis sur les auberges de Valparaiso sont très mitigés) se trouve sur les hauteurs de la Plaza Sotomayor, à 10 min de marche dans les escaliers colorés (ça ce n’est pas cool quand on est chargés!).

À l’arrivée à l’auberge, nous avons été chaleureusement accueillis par Pierre, un français amoureux du Québec en Workaway qui travaille à l’auberge quelques heures par jour contre l’hébergement gratuit.

D’ailleurs, Pierre, si tu nous lis, on te passe bien l’bonjour! 😊

Bon, la grosse surprise en arrivant à l’auberge est que le dortoir contenait… 18 lits! Celle-ci, on ne s’y attendait pas!

C’est officiellement le plus gros dortoir que nous aurons fait de notre voyage. On s’est promis à ce moment-là de ne plus jamais réserver de lits en dortoir via Booking.com, qui ne précise que rarement le nombre de lits que ce dernier contient (contrairement à Hostelworld.com qui l’indique obligatoirement!).

Étonnamment, on aura quand même bien dormi 2 nuits sur les trois, car tous les clients se sont couchés en même temps et personne n’a ronflé…

Mais alors, la 3e nuit fut… TERRIBLE! Il suffit d’un seul gars capable de produire des sons avec sa bouche complètement inhumains pour te pourrir la nuit, à toi et tout le reste du dortoir d’ailleurs! Quand même les bouchons d’oreille ne sont plus efficaces, c’est là que tu commences sérieusement à déprimer de ta vie de voyageur…

Bref, à par cette nuit-là, nous aurons bien apprécié cette auberge, selon nous idéalement située dans Valparaiso.

À l’auberge, Steven s’est encore fait un pote à 4 pattes.

Valparaiso et ses rues colorées

La ville de Valparaiso est connue pour ses « cerro » (collines) colorées, pour certaines classées au Patrimoine culturel de l’Humanité à l’UNESCO (dont les plus connues sont les cerro « Alegre » et « Concepcion »).

valparaiso chili ville unesco

La partie plane de la ville

Si la partie plane de la ville, proche de l’Océan, est grouillante de monde, totalement polluée et sans grand intérêt, il faut aller se percher sur les hauteurs pour avoir une vue sur l’Océan. Ce sont ici que les bâtiments sont classés et couverts de fresques réalisées par des artistes de rue du monde entier.

valparaiso chili ville unesco

Valparaiso est une ville dans laquelle on peut marcher pendant des heures sans même s’en rendre compte tellement on veut en voir toujours plus, découvrir quelle œuvre couvrira les murs de la prochaine rue.

Explosions de couleurs, découverte de styles différents, certaines œuvres sont à connotations historiques et valent la peine de se les faire expliquer.

Bref, on a trippé sur les collines de Valparaiso, on a aimé leur ambiance, on a fait de belles découvertes artistiques qui nous ont inspirés pour de potentiels futurs projets.

valparaiso chili ville unesco graffiti
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Mais alors, d’où vient tout ce Street Art typique de Valparaiso?

À l’origine de cet art sont les fresques que faisaient réaliser les partis politiques par des artistes locaux pour exprimer leurs idées.

Petit à petit, ce moyen d’expression est devenu un outil de rébellion du peuple pendant la dictature de Pinochet (à la tête du Chili de 1974 à 1990). Bien sûr, une telle pratique était alors complètement interdite et très dangereuse pour ceux qui s’y risquaient.

À la fin de la dictature, la pratique de cet art a continué et ce sont aujourd’hui des artistes du monde entier qui viennent réaliser des fresques sur les murs de Valparaiso pour donner de la visibilité à leur travail.

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Oeuvre de l’artiste le plus connu de Valparaiso, enfant du pays : INTI

Il faut savoir que les « tags » ainsi que les « graffitis » (tags un peu plus élaborés) sont interdits à Valparaiso (à ne pas confondre avec les fresques). Ils recouvrent pourtant toutes les surfaces de murs de la partie plane de la ville, la rendant vraiment pas belle! Il existe un réel problème de vandalisme à Valparaiso!

Il arrive parfois que les propriétaires des bâtiments, excédés par le nombre de tags sur leurs murs, demandent à des artistes d’y réaliser une fresque. Cela repousse normalement plutôt efficacement les vandales.

Mais, la plupart du temps, ce sont les artistes eux-mêmes qui frappent à la porte des propriétaires pour leur demander l’autorisation d’y réaliser une fresque.

Dans de rares cas (qui sont les cas préférés des artistes), les demandes de fresques proviennent directement de la Ville de Valparaiso. Dans ce cas, tous les matériaux utiles à l’artiste ainsi que son temps de travail sont payés! Le pied!

valparaiso chili ville unesco

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De beaux quartiers que les locaux ont désertés

Tous ces beaux quartiers, c’est chouette pour le touriste, mais ce ne sont pas les plus vivants et ne sont pas non plus la meilleure place pour rencontrer les locaux et en apprendre plus sur leur mode de vie.

En effet, la présence de l’UNESCO depuis 2003 a fait en sorte d’augmenter le prix de l’immobilier et surtout d’imposer des règles de restauration et d’entretien des bâtisses beaucoup trop chères pour les locaux, qui ont fini par déserter les lieux.

Le saviez-vous?

Valparaiso fut jadis le port de commerce de la ville de Santiago, capitale du Chili.

C’est à la fin du XIXe siècle que la ville prit de l’envergure, suite à la découverte de gisements d’or en Californie. C’était « la conquête vers l’or » et tous les bateaux en provenance d’Europe passant par le Cap Horn faisaient escale à Valparaiso, qui devint alors un port d’escale d’importance…

Mais, en 1914, date de l’ouverture du canal de Panama, tout s’arrêta du jour au lendemain et Valparaiso sombra dans la pauvreté et l’insécurité totale, situation qui dura jusqu’à l’arrivée de l’UNESCO en 2003.

Mais alors, comment l’UNESCO est-elle arrivée là?

En 2001, une entreprise d’import-export d’influence a fait du chantage à la ville pour construire un gros cube en verre sur le bâtiment historique qui leur appartenait déjà, défigurant tout le paysage et la vue sur le port depuis les collines de la ville.

Ce sont les habitants des collines environnantes, non contents qu’on touche à leur ville de cette façon, qui sont allés voir l’UNESCO à Paris avec pour but de faire classer leur ville ou du moins certains « cerros » à l’UNESCO.

C’est ainsi que l’UNESCO est arrivée dans le décor.

Si le classement à l’UNESCO de la ville a été très bénéfique sur certains points, permettant entre autres de protéger les bâtiments de la ville et d’y développer le tourisme et donc de réduire drastiquement l’insécurité dans la ville, elle a d’autres côtés négatifs comme celui exposé plus haut. Malheureusement, l’UNESCO ne participe pas financièrement à l’entretien des quartiers classés, sauf dans de rares occasions et les propriétés sont donc abandonnées, augmentant alors le risque d’incendies, très fréquents à Valparaiso.

La plupart des bâtiments bien entretenus ont été rachetés par des étrangers et convertis en commerce ou en auberge.

Un des rares bâtiments restaurés par l’UNESCO, au pied duquel on a trouvé de drôles de lutins!

L’architecture typique des bâtiments de Valparaiso

Valparaiso est située au milieu de la région la plus sismique au monde! L’architecture des bâtiments est donc depuis longtemps prévue en conséquence.

Ainsi, la structure des bâtiments est réalisée avec des poutres de bois entre lesquelles sont disposées des briques en « Adobe » (constituées d’argile, d’eau et de paille). On retrouve d’ailleurs ce matériau dans toute l’Amérique latine, surtout en Bolivie et au Pérou, pays que nous avons visités.

Cependant, de plus en plus de compagnies d’assurance refusent d’assurer les habitations de Valparaiso si celles-ci ne sont pas pourvues de grosses poutres en acier supportant la structure des murs. Les nouvelles restaurations de maison se font donc en ajoutant une telle structure d’acier.

Le dernier gros séisme a eu lieu en 2017 à Valparaiso et le dernier qui a engendré un tsunami a eu lieu en 2010.

Heureusement, durant notre cours séjour, la terre n’a pas tremblé, du moins pas de manière perceptible (car il y a en réalité de tout petits séismes tous les jours). Une chance, car nous n’avions aucunement envie de revivre cette expérience suite à nos frayeurs en Indonésie!

Nous avons interrogé les locaux pour savoir comment ils réagissaient en cas de séismes. Ils nous ont dit avoir l’habitude et que les systèmes de sécurité pour donner l’alerte au tsunami étaient bien en place et que de toute façon, il était assez rapide pour les locaux de monter sur les hauteurs de la ville en cas d’alerte, ce qui n’est pas faux!

Les ascenseurs de la ville

Valparaiso compte 15 funiculaires, que les locaux appellent « ascenseurs ». Ils ont été déclarés « Monuments historiques » par le Conseil des Monuments nationaux du Chili.

Au-delà de leur aspect pittoresque, ils sont un moyen de transport adapté au relief de la ville que les locaux utilisent pour se déplacer dans la ville.

Dans le passé, il y en avait une trentaine, mais le Chili travaille peu à peu à les réhabiliter et les remettre en fonction.

Valparaiso, ville qui fut à l’époque en avance sur son temps

La visite guidée gratuite que nous avons faite à Valparaiso nous a appris, entre autres, que Valparaiso fut, dans ses années d’or, une ville en avance sur son temps.

En effet, c’est elle qui abrita au Chili :

  • La 1ère douche chaude,
  • La 1ère église protestante,
  • La 1ère garde côtière,
  • Le 1er bureau de poste,
  • Le 1er téléphérique,
  • Le 1er tramway,
  • Le 1er système d’éclairage électrique,
  • Le 1er téléphone,
  • Le 1er journal en langue castillane,
  • Et, la 1ère compagnie de pompiers du pays!

Le saviez-vous?

Au Chili, les compagnies de pompiers sont privées et appartenaient toutes à la base à des compagnies françaises, italiennes, allemandes, etc. Ces compagnies étaient à la base des lieux où les immigrants venaient pour trouver un logement et des conseils (un peu comme un Consulat quoi!).

C’est cette origine qui explique qu’aujourd’hui, chaque compagnie de pompier possède des camions et des uniformes qui sont des dons venant du monde entier!

Sur une intervention, on trouvera donc avec grande surprise, des camions américains, canadiens, français, allemands ou même russes! Les pompiers, quant à eux, arborent les tenues types du même pays. C’est ainsi que nous avons vu des pompiers avec une tenue des « pompiers marins de Marseille! ».

Aujourd’hui, les pompiers sont tous chiliens et sont considérés comme de véritables héros locaux. Et pour cause, ils sont tous volontaires (donc non payés) et doivent eux-mêmes payer leur formation!

À Valparaiso surtout, leur présence est très importante et leur travail très respecté, car la ville est, de par sa structure, très souvent victime de gros incendies, attisés par les vents et les maisons en bois, entassées les unes sur les autres.

En 2014, un immense incendie a ainsi ravagé environ 3000 maisons à Valparaiso.

Pour la petite histoire, les pompiers de la ville, débordés, ont dû faire appel à des renforts venus du reste du pays, mais ces derniers ont été bloqués aux… péages d’autoroute (car ceux-ci sont privés et appartiennent aux Espagnols!), car ils n’avaient pas de quoi payer!

Et vous savez quoi ?! Depuis cet évènement, une nouvelle loi a été votée et stipule que les pompiers en intervention n’ont plus à payer les péages !! Ouaip, mieux vaut tard que jamais!

À Valparaiso, on ne se baigne pas!

Bien que la ville soit côtière, à Valparaiso, on ne se baigne pas!

Les quelques plages qu’elle possède ne sont apparemment pas très propres, peu agréables et de toute façon, difficilement accessibles puisque la Ville a eu la bonne idée de séparer la ville et la plage par une… ligne de tramway!

De plus, il paraît que l’eau y est froide toute l’année, à cause des courants qui remontent du pôle Sud.

Cela ne semble pas déranger les quelques lions de mer qui habitent la plage et viennent accueillir les bateaux de pêcheurs chaque matin en espérant avoir quelques restes de poissons.

Bref, Valparaiso est avant tout un port où mouillent les navires de l’Armada chilienne et, la semaine où nous y étions, pleins de gros navires et de sous-marins des armées canadiennes, américaines et de quelques pays européens (à l’occasion des 200 ans de l’Armada chilienne).

Les touristes peuvent d’ailleurs partir du port (au-dessous de la Plaza Sotomayor) pour faire un petit tour de bateau pour pas trop cher (3000 CLP =6$CAD/ personne pour 40min de tour) pour avoir une belle vue sur les collines colorées de la ville.

Tous les bateaux sont d’anciennes petites embarcations de pêche privées qui n’ont plus l’autorisation de pêcher suite à la réforme du Chili, en 2016, de nationaliser les eaux proches des côtes. Les anciens marins se sont donc eux aussi reconvertis comme ils pouvaient dans le tourisme. Du coup, on a un peu l’impression qu’ils partent à la pêche aux touristes de la même manière qu’ils partaient à la pêche au poisson et franchement, ce n’est peut-être pas la meilleure technique au monde! Mais bon, on n’a pas osé leur dire…

Voili voilou, on vous a transmis tout ce qu’on a appris sur celle splendide ville dans ce beau grand article!

En tout cas, elle fut un vrai coup de cœur pour nous, ce qui a un peu moins été le cas à Santiago, la capitale du Chili, qui sera notre escale suivante!

CONSEILS PRATIQUES

OÙ DORMIR À VALPARAISO?

  • Casa de Michto : Auberge très sympathique que les propriétaires (franco-chiliens) ont toute rénovée de eux-même. Accueil sympathique, auberge qui se veut petit et familiale, super bien placée sur les hauteurs de la ville, au calme, à 5min à pied de la Plaza Sotomayor.Les seuls bémols : dortoir de 18 lits et petit déjeuner non inclus… À par cela, on a trouvé l’auberge plutôt confortable. (Prix : 17US$ =22,70 $CAD / personne / nuit en dortoir de 18! C’est méga cher!).

OÙ MANGER À VALPARAISO?

  • Panini Café : Il y en a plusieurs à Valparaiso. On peut y manger des paninis plutôt bons à un pris raisonnable. Ils font café aussi. Le reste du temps, on s’est fait à manger à l’auberge.

FREE WALKING TOUR DE LA VILLE EN FRANÇAIS

  • On a eu une super expérience avec la compagnie Valpo’top. La visite de 3h au départ de la Place Sotomayor fut super complète, donnée dans un français parfait, un des meilleurs tours guidée gratuit que nous ayons fait. Bien sûr, à la fin, on donne un pourboire, c’est pas vraiment gratuit donc! 🙂 (Nous avons donné 5000 CLP = 10$CAD / personne).

COMMENT SE RENDRE À VALPARAISO ?

  • Depuis Puerto Varas, nous avons pris un bus de nuit (sièges cama), trajet d’environ 12h. Nous avons choisi la compagnie TURBUS (Prix : 12200 CLP = 25$CAD / personne).


 

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